MENU

Pavillon d’habitation Vanderbilt (façade Est – détail) Crédit : Cartes postales collection Philippe Honoré

Un domaine moderne, une écurie fameuse

En 1906, William K. Vanderbilt achète le domaine et souhaite pouvoir s’y installer le plus rapidement possible.

La maison de fer

Il fait venir des Etats-Unis une maison en kit. Celle-ci est composée d’éléments en fer dont l’isolation intérieure est assurée par une garniture de liège. William K. veut presser la construction de son château. Une immense charpente est installée sous laquelle les ouvriers peuvent s’atteler à la construction nuit et jour et par tous les temps. Un million de francs est investi dans le parc. Des arbres déjà adultes y sont plantés.

Construit par l’architecte Henry Guillaume, le château est un pavillon trapu de type manoir qui imite le style Louis XIII. Le château correspond au goût de l’époque : une architecture de style rustique qui rappelle la mode des cottages anglais. C’est un pied-à-terre intime et luxueux. Légèrement surélevé pour permettre de voir les chevaux courir sur l’hippodrome, le château contient un grand hall de 96 m2. A l’étage, les chambres sont toutes équipées d’une salle de bain avec WC, installation extrêmement moderne pour l’époque.

L’hippodrome

Il était composé de trois pistes concentriques dont les niveaux respectifs s’élevaient du centre vers la périphérie. La piste de 2400 mètres était en gazon, celles de 1800 mètres et de 1400 mètres étaient en sable. Une tribune dominait le tout. 50 garçons d’écurie étaient nécessaires pour assurer l’entretien des chevaux.

Un domaine industrieux

Le domaine comportait aussi une centrale électrique, deux châteaux d’eau (un à la limite de Triel, l’autre juste derrière le puits artésien), une volière, des communs, des stalles, des serres chaudes, un potager, le parc paysager. Le domaine faisait travailler 120 personnes (à l’époque Carrières ne comptait que 1000 habitants). Une passerelle métallique pour rejoindre directement la gare de Villennes-sur-Seine était en projet mais William K. n’obtint jamais l’autorisation de la construire.

William K. bienfaiteur de Carrières-sous-Poissy

William K. faisait travailler une grande partie de la population carriéroise. Les femmes de chambre étaient payées 6 sous de l’heure et les ouvriers 11 sous. Des salaires confortables pour l’époque. Durant la guerre, tous les employés mobilisés continuèrent de toucher leur salaire. William K. offrait chaque année les Prix d’excellence aux écoliers de Carrières ainsi qu’un magnifique arbre de Noël. Il soutenait financièrement la commune.

  • 1885 : Le domaine est acheté par Edmond Blanc qui créé le premier hippodrome à Carrières-sous-Poissy. Le domaine reste modeste.
  • 1906 : William Kissam Vanderbilt achète la propriété.
  • 1907 : Le château est bâti et l’hippodrome développé. Le domaine devient un haras de premier plan et fonctionne pleinement jusqu’à la guerre de 1914.
  • 1918 : William K. revend ses deux propriétés hippiques (Carrières et le Haras du Quesnay de Deauville) à Abraham Kingsley Macomber, businessman américain, aventurier, philanthrope et éleveur de chevaux. Le château continue d’être appelé Vanderbilt. A. Kingsley Macomber fait construire une aile supplémentaire qui abrite ses trophées de chasse. Il y expose des fauves empaillés qu’il a lui-même chassé, parfois en compagnie de l’écrivain et aventurier Ernest Hemingway. Le domaine hippique continue de fonctionner. Une infirmerie pour chevaux est ajoutée.
  • 1930 : Avec la crise de 1929, A. Kingsley Macomber doit abandonner l’exploitation de l’hippodrome. Il fait raser une partie des installations et transforme le domaine en aérodrome. Les pistes de courses deviennent des pistes d’atterrissage.
  • 1955 : Après la guerre et avec la disparition de A. Kingsley Macomber, le domaine périclite. Les pistes sont transformées en champs dédiés à la culture maraichère.
  • 1978 : Le domaine est revendu à la SCI du Domaine de Saint-Louis, filiale de la holding Sablières Modernes, afin d’en faire exploiter le sous-sol. Le château sert de bureau au siège de l’entreprise. La décoration intérieure d’origine disparait sous les aménagements permettant un usage plus fonctionnel.
  • 1999 : Le siège social de GSM déménage. Le château est laissé à l’abandon.
  • 2009 : Une convention de droit d’usage non onéreux est passée avec GSM qui permet à la ville de Carrières d’intervenir sur le site. Les abords du château sont sécurisés. Le parc est restauré par le Service municipal des espaces verts. Il est ouvert au public. Des manifestations culturelles y sont organisées.
  • 2011 : Le pavillon de gardien est restauré grâce aux soutiens de la Région Île-de-France, du Conseil Général des Yvelines, du FEDER (Fonds européen de Développement Régional), et de la CA2RS (Communauté d’Agglomération 2 Rives de Seine). Il devient un espace d’exposition.
  • 2012 : La vocation culturelle de ce lieu commençant à se dessiner, une procédure de donation par mécénat est initiée par GSM en faveur de la CA2RS (Communauté d’Agglomération 2 Rives de Seine). En septembre 2012, la Communauté d’Agglomération devient propriétaire du château.
  • Et après : En lien avec l’EPAMSA (Établissement Public d’Aménagement du Mantois Seine-Aval) et la CA2RS (Communauté d’Agglomération 2 Rives de Seine), le projet d’un espace culturel multifonction tourné vers les arts numériques a été confié à l’association Usines Ephémères. « La Fabrique numérique » s’installe au château Vanderbilt. Ce projet ambitieux inscrit le château Vanderbilt dans le projet de Centralité pour Carrières-sous-Poissy. Il a pour vocation de devenir un espace de création artistique mais aussi un espace de convivialité pour la population. Le bâtiment accueillera entre autres : des espaces multimédias, des ateliers d’artistes, un studio de danse / théâtre et un bar-restaurant.